21 chapitresChaque chiffre porte sa source et son millésime, parmi 223 références. Voir les sources.
Le problème n'est pas le montant dépensé mais sa répartition. Et sur les enseignants, rapporter le salaire au temps de travail n'atténue pas l'écart : il l'aggrave.
| 2022, $ PPA par élève | Primaire | Secondaire | Supérieur | Tous niveaux | % du PIB | Ratio secondaire/primaire |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 11 326 | 15 796 | 21 745 | 15 691 | 5,37 | 1,39 |
| Allemagne | 13 190 | 18 214 | 23 596 | 18 212 | 4,34 | 1,38 |
| Royaume-Uni | 15 036 | 15 972 | 35 638 | 19 228 | 6,01 | 1,06 |
| Finlande | 12 586 | 14 395 | 20 718 | 15 193 | 5,20 | 1,14 |
| Estonie | 11 811 | 10 181 | 19 176 | 12 470 | 4,47 | 0,86 |
| Lettonie | 7 873 | 8 979 | 12 602 | 9 342 | 3,78 | 1,14 |
| Pologne | 12 116 | 10 098 | 16 139 | 11 663 | 4,11 | 0,83 |
| Corée du Sud | 19 906 | 25 469 | 14 812 | 19 963 | 5,63 | 1,28 |
| Japon | 10 524 | 13 034 | 21 742 | 14 069 | 3,74 | 1,24 |
OCDE, Regards sur l'éducation 2025, dépense annuelle par élève dans les établissements publics et privés, en dollars à parité de pouvoir d'achat, données 2022 (dernier millésime disponible pour cet indicateur). Le périmètre inclut les pensions des enseignants au taux de cotisation propre à chaque pays, ce qui affecte la comparaison — point traité dans la fiche dédiée de cette section.
Le niveau de dépense français n'est pas le problème : 15 691 $ par élève tous niveaux, 5,37 % du PIB — au-dessus de l'Estonie, de la Pologne et de la Lettonie, et un peu en dessous de l'Allemagne.
La structure l'est. Le ratio secondaire/primaire est de 1,39 en France contre 0,86 en Estonie et 0,83 en Pologne. La France sous-dote son école primaire — exactement le niveau où les écarts se forment — et sur-dote son secondaire. Le Conseil d'analyse économique chiffre l'écart : primaire français 11 % sous la moyenne OCDE, secondaire 13 % au-dessus.
Les cas de référence demandés. L'Estonie obtient les meilleurs scores PISA d'Europe avec 21 % de dépense par élève en moins que la France et 4,47 % du PIB contre 5,37 %. Singapour, système très performant, dépense environ 2,2 % de son PIB en éducation publique — mais son périmètre statistique n'est pas comparable à celui de l'OCDE, et il n'apparaît dans aucune série financière de l'OCDE.
Les deux affirmations circulent, elles sont exactes toutes les deux, et elles paraissent s'exclure. L'arithmétique les réconcilie sans difficulté.
dépense d'éducation ÷ PIB = (dépense par élève ÷ PIB par habitant) × (nombre d'élèves ÷ population)
Le premier terme est l'effort par élève relatif à la richesse du pays. Le second est le poids démographique de la jeunesse. Un pays peut donc dépenser peu par élève et beaucoup en part du PIB s'il a beaucoup de jeunes, ou un PIB par habitant faible, ou les deux.
| Dépense par élève (SPA, 2022) | PIB / hab. (SPA, 2024) | = effort relatif par élève | × part des moins de 20 ans | = dépense / PIB reconstituée | Constatée | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 8 151 | 39 294 | 0,207 | 23,1 % | 4,79 % | 5,1 % |
| Allemagne | 10 363 | 46 387 | 0,223 | 18,7 % | 4,18 % | 4,5 % |
| Italie | — | 39 069 | — | 17,1 % | — | 4,0 % |
| UE-27 | — | 39 982 | — | 20,0 % | — | — |
Contrôle : le rapport France/Allemagne reconstitué est de 1,146, le rapport constaté de 1,133 — écart de 1,1 %. L'identité est vérifiée ; le petit décalage vient de ce que la part des moins de 20 ans ne capte pas les étudiants du supérieur, et que le périmètre comptable est un peu plus large que la collecte éducative.
La démonstration est nette : la France dépense moins par élève relativement à sa richesse que l'Allemagne (0,207 contre 0,223) et pourtant plus en part du PIB (5,1 % contre 4,5 %). L'intégralité de l'écart vient du terme démographique : 23,1 % de moins de 20 ans en France contre 18,7 % en Allemagne, soit +23,5 % de jeunes en proportion.
Un corollaire qui va à contre-courant du discours habituel : l'écart de dépense observé (+13,3 % en points de PIB) est inférieur à ce que la seule démographie justifierait (+23,5 %). À structure démographique allemande, la France dépenserait moins en part du PIB que l'Allemagne. Et cet effet va se retourner : la natalité française ayant fortement reculé depuis 2010, le nombre d'élèves diminue déjà, et le ratio dépense sur PIB baissera mécaniquement dans les prochaines années — sans qu'aucune décision politique n'ait été prise.
| Hypothèse | Verdict | Ampleur |
|---|---|---|
| a. La France a plus d'élèves | Confirmé — c'est le facteur dominant | 23,1 % de moins de 20 ans contre 18,7 % en Allemagne, 18,7 % en Espagne, 17,1 % en Italie, 20,0 % dans l'UE-27 |
| b. L'effort porte sur le secondaire plus que sur le primaire | Confirmé — le ratio le plus déséquilibré des pays mesurés | Rapport secondaire supérieur / primaire : France 1,47, Espagne 1,36, Allemagne 1,24, Pays-Bas 1,14, Finlande 0,97, Italie 0,92 |
| c. Les comptes intègrent les retraites | Confirmé, et la collecte internationale les inclut aussi | Retraitement ≈ 10 % — 9,4 % sur le primaire, 9,5 % sur le secondaire, 6,5 % sur le supérieur |
Sur le point b, le détail est instructif : le rapport collège sur primaire est de 1,21 en France contre 1,23 en Allemagne — quasi identique. Le déséquilibre français se joue donc au lycée, pas au collège. Le primaire français est à 6 731 unités de pouvoir d'achat par élève, l'avant-dernier rang des pays mesurés, tandis que son secondaire supérieur (9 915) dépasse la moyenne européenne de 19,5 %.
Sur le point c, la règle de la collecte internationale est explicite et vaut d'être citée : les pays dont le régime de retraite des enseignants est non capitalisé ou partiellement capitalisé — cas de la France — doivent imputer ces dépenses afin d'obtenir « un coût d'emploi du personnel internationalement plus comparable ». Le problème n'est donc pas que la France inclut les retraites et pas les autres : c'est que le taux imputé français (74,3 %, désormais 78,3 % puis 82,3 %) n'est pas un taux de cotisation d'équilibre, mais un taux qui compense en outre le déséquilibre démographique propre à la fonction publique d'État.
| Grandeur | Publié | Corrigé | Écart |
|---|---|---|---|
| Taux de cotisation employeur, fonctionnaires civils d'État | 74,3 % | 34,7 % (taux d'équilibre) | −39,6 points |
| Mission « Enseignement scolaire », 2023 | 81,3 Md€ | 70,7 Md€ | −13,0 % |
| Dépense par élève du primaire, 2023 | 8 450 € | 7 726 € | −8,6 % |
| Dépense d'éducation, % du PIB, 2023 | 5,0 % | 4,6 % | −0,4 point |
| Moyenne européenne, pour repère | — | 4,7 % | la France passe en dessous |
La réponse à « 5 %, 10 % ou 40 % ? » est donc : environ 10 %. Pas 5 %, parce que la surévaluation est réelle et mesurable ; pas 40 %, parce que la masse brute des pensions dans la dépense d'éducation (≈ 15 % de la fonction enseignement, 27,5 % du budget du ministère) n'est pas la bonne mesure — l'essentiel de cette masse correspond à une dépense de retraite réelle qui existerait sous n'importe quelle convention.
Conséquence sur le classement international : corrigée, la dépense d'éducation française passe sous la moyenne européenne, et sa dépense par élève du primaire la place dans le quart inférieur de l'OCDE. Le Conseil d'analyse économique souligne toutefois qu'il ne s'agit d'aucune économie : c'est un pur effet de consolidation comptable, sans effet sur le solde public. Les pensions restent dues.
Eurostat educ_uoe_fine09 (dépense publique par élève en standards de pouvoir d'achat, 2022), nama_10_pc, demo_pjanind et gov_10a_exp ; IPP, Retraites des fonctionnaires d'État : faut-il changer la convention comptable ?, 2025 ; Conseil d'analyse économique, Focus n° 121, septembre 2025 ; Eurostat, Comparison of key concepts between the UOE framework and the National Account framework, 2023.
Excellente question, et la réponse tient sur pièce.
La collecte UOE (UNESCO-OCDE-Eurostat) comporte un questionnaire sur la nature de la dépense, dont la nomenclature comprend une ligne dédiée : CUR_RET — « dépense courante pour les pensions de retraite », sœur de la ligne CUR_LC « salaires », toutes deux agrégées dans la compensation du personnel.
Les pensions ne sont donc pas un ajout optionnel ni un artefact français : elles font partie du périmètre standard de la dépense d'éducation dans toutes les comparaisons internationales.
| France 2022, établissements publics | M€ | Statut OCDE |
|---|---|---|
| Compensation totale du personnel | 85 202 | valeur normale |
| dont compensation des enseignants | 56 773 | valeur normale |
| dont salaires | non déclaré | K — incluse dans une autre catégorie |
| dont pensions de retraite | non déclaré | K — incluse dans une autre catégorie |
La France ne déclare pas ses pensions séparément, mais l'OCDE code explicitement cette case « donnée incluse dans une autre catégorie ». Le code « K » signifie « incluse ailleurs », et non « non disponible ». Autrement dit : la dépense de pension française est bien dans les 85,2 Md€ — mais elle n'est pas isolable.
| 2022 | Part des pensions dans la masse salariale éducative |
|---|---|
| Royaume-Uni | 33,0 % |
| Allemagne | 15,3 % |
| Finlande | 15,0 % |
| Estonie | 15,0 % |
| Pologne | 13,2 % |
| Corée du Sud | 10,1 % |
| France | non isolable |
Le poste représente couramment 10 à 15 % de la masse salariale éducative, et jusqu'à 33 % au Royaume-Uni — dont le régime de retraite enseignant est non capitalisé avec un taux de cotisation employeur très élevé.
Conclusion en trois points. D'abord, l'affirmation selon laquelle la France « gonflerait » sa dépense d'éducation en y mettant les pensions est fausse en principe : tous les pays le font, c'est la norme méthodologique. Ensuite, le fait que la France ait beaucoup d'enseignants fonctionnaires ne la place pas hors norme — le Royaume-Uni, la Finlande et l'Estonie ont aussi des régimes publics lourds, et le britannique pèse deux fois plus. Enfin, ce qui est spécifique à la France, c'est l'opacité de la ventilation : impossible de savoir combien, donc impossible de retraiter la comparaison.
OCDE, base UOE-FIN, structure DSD_EAG_UOE_FIN v3.2 et données 2022, consultées le 29 août 2026.
La dépense par élève mélange trois choses : les salaires, le temps d'enseignement et le nombre d'enseignants. Le taux d'encadrement isole la troisième — c'est une mesure physique, insensible aux niveaux de prix et aux conventions comptables sur les retraites. C'est donc le meilleur test de la question « la France investit-elle vraiment moins ? ».
Élèves par enseignant et taille moyenne des classes, primaire
2023-2024, public et privé confondus. Dans les deux cas, plus la barre est courte, mieux c'est.
OCDE, Regards sur l'éducation 2025, tableaux D2.1 (taille moyenne des classes) et D2.3 (ratio élèves-enseignant), enseignement primaire, année scolaire 2023-2024, public et privé confondus. Les deux indicateurs ne viennent pas de la même collecte : la taille de classe ne compte que les élèves suivant un programme commun et exclut l'enseignement en sous-groupes, tandis que le ratio rapporte les effectifs à l'ensemble du personnel enseignant en équivalent temps plein.
| Catégorie | Élèves par enseignant | Élèves par classe |
|---|---|---|
| Japon | 14,7 | 26,4 |
| France | 17,9 | 21,6 |
| Royaume-Uni | 19,5 | 26,0 |
| Pays-Bas | 16,3 | 22,5 |
| Allemagne | 15,2 | 21,1 |
| Moyenne OCDE | 14,0 | 20,0 |
| Corée du Sud | 16,1 | 20,9 |
| États-Unis | 13,7 | 20,1 |
| Espagne | 11,9 | 20,9 |
| Finlande | 12,0 | 18,7 |
| Pologne | 13,0 | 18,0 |
| Italie | 10,5 | 17,9 |
| Élèves par enseignant, public et privé | Préprimaire | Primaire | Collège | Lycée | Supérieur |
|---|---|---|---|---|---|
| France | 21,6 | 17,9 | 14,7 | 11,5 | 14,7 |
| Allemagne | 7,1 | 15,2 | 12,9 | 11,9 | 10,9 |
| États-Unis | 16,0 | 13,7 | 14,3 | 15,2 | 13,0 |
| Royaume-Uni | 33,2 | 19,5 | 17,0 | — | 13,6 |
| Singapour | — | ≈ 15 | ≈ 12 | — | — |
| Corée du Sud | 11,6 | 16,1 | 13,8 | 11,5 | — |
| Japon | 10,6 | 14,7 | 12,5 | 11,2 | — |
| Italie | 11,1 | 10,5 | 10,4 | 10,6 | 19,5 |
| Espagne | 10,6 | 11,9 | 10,7 | 9,6 | 12,1 |
| Pays-Bas | 16,0 | 16,3 | 15,6 | 16,4 | 13,0 |
| Finlande | — | 12,0 | 9,2 | 17,4 | 16,3 |
| Estonie | 8,3 | 11,9 | 10,3 | 16,2 | 9,7 |
| Pologne | 12,9 | 13,0 | 9,5 | 11,9 | 12,8 |
| Moyenne OCDE | 13,2 | 14,0 | 12,9 | 12,7 | 15,3 |
| Moyenne UE-27 | — | 13,3 | 11,7 | 11,3 | — |
Le ratio élèves par enseignant rapporte les effectifs à tous les enseignants — y compris décharges, remplaçants et temps partiels. La taille moyenne de classe compte les élèves physiquement présents dans une salle. Un pays peut avoir un bon ratio et des classes chargées si ses enseignants enseignent peu d'heures devant élèves.
Le rapport entre les deux le mesure : France 1,20 au primaire et 1,76 au collège, contre 1,42 et 1,73 en moyenne OCDE, 1,39 et 1,81 en Allemagne, 1,80 et 2,55 au Japon, 2,27 et 2,75 à Singapour. Autrement dit, la France utilise ses enseignants davantage devant élèves que la moyenne, pas moins.
C'est la question la plus contre-intuitive de tout le dossier, et la réponse n'est pas celle qu'on suppose spontanément : au Japon, il n'y a pas deux adultes dans la salle. Une classe ordinaire d'école primaire japonaise, c'est un maître, une salle, 26 à 27 élèves, davantage qu'en France. La co-intervention systématique n'existe pas.
L'écart vient d'ailleurs : le numérateur et le dénominateur des deux indicateurs ne portent pas sur les mêmes personnes ni sur les mêmes élèves. Le ratio élèves-enseignant compte tous les enseignants du pays ; la taille de classe ne regarde que les groupes-classes ordinaires. Tout enseignant rémunéré qui n'a pas la charge d'un groupe-classe ordinaire améliore le premier indicateur sans toucher au second.
Le rapport des deux mesures a un sens physique exact :
taille moyenne de classe ÷ ratio élèves-enseignant = enseignants rémunérés par groupe-classe ordinaire
Ce nombre n'est pas « le nombre d'adultes dans la salle ». C'est le nombre d'enseignants payés pour chaque groupe-classe, tous usages confondus : celui qui fait cours, plus tous les autres.
| Primaire, 2023-2024 | Élèves / enseignant | Élèves / classe | Enseignants par groupe-classe |
|---|---|---|---|
| Singapour | ≈ 15 | 33,6 | 2,27 |
| Japon | 14,7 | 26,4 | 1,80 |
| Espagne | 11,9 | 20,9 | 1,76 |
| Italie | 10,5 | 17,9 | 1,70 |
| Finlande | 12,0 | 18,7 | 1,56 |
| États-Unis | 13,7 | 20,1 | 1,47 |
| Moyenne OCDE | 14,0 | 20,0 | 1,43 |
| Allemagne | 15,2 | 21,1 | 1,39 |
| Pologne | 13,0 | 18,0 | 1,38 |
| Pays-Bas | 16,3 | 22,5 | 1,38 |
| Royaume-Uni | 19,5 | 26,0 | 1,33 |
| Corée du Sud | 16,1 | 20,9 | 1,30 |
| France | 17,9 | 21,6 | 1,20 |
Calcul à partir de OCDE, Regards sur l'éducation 2025, tableaux D2.1 et D2.3.
La France est le pays de la liste où un groupe-classe mobilise le moins d'enseignants rémunérés : 1,20 contre 1,43 en moyenne et 1,80 au Japon. À nombre d'élèves par classe presque identique (21,6 contre 21,1 en Allemagne, 20,0 en moyenne OCDE), la France emploie donc nettement moins de monde autour de la classe.
L'explication qu'on lit le plus souvent est celle du temps de service : si les enseignants d'un pays enseignent peu d'heures devant élèves alors que les élèves reçoivent beaucoup d'heures de cours, il faut mécaniquement plus d'enseignants par classe. La formule attendue est taille de classe ≈ ratio × (heures d'instruction reçues ÷ heures d'enseignement dues). Appliquée aux chiffres réels, elle prédit environ 1,0 pour presque tous les pays — et n'explique donc rien.
| Primaire, heures annuelles | Instruction reçue par l'élève | Enseignement dû par l'enseignant | Rapport | Enseignants par classe observé |
|---|---|---|---|---|
| Japon | 768 | 742 | 1,04 | 1,80 |
| France | 864 | 900 | 0,96 | 1,20 |
| Moyenne OCDE | 804 | 784 | 1,03 | 1,43 |
Le Japon, dont on cite volontiers les journées de travail interminables, enseigne 742 heures par an au primaire, moins que la moyenne OCDE (784 h) et bien moins que la France (900 h) — mais l'écart est trop petit pour produire un 1,80. La surcharge horaire japonaise, très réelle, se situe au collège et hors classe : TALIS 2024 mesure 55,1 heures de travail hebdomadaire total pour seulement 17,8 heures d'enseignement et 5,6 heures de clubs sportifs. Au primaire, l'enquête du MEXT sur le temps de travail (2022) mesure 4 h 13 de cours par jour et 3 minutes de clubs : le mécanisme n'y est pas.
La cause tient en une phrase : le Japon paie un grand nombre d'enseignants qui n'ont la charge d'aucun groupe-classe ordinaire, et ces enseignants comptent dans le ratio sans jamais apparaître dans la moyenne de taille de classe. Sur 6,05 millions d'élèves du primaire, 424 300 enseignants et environ 219 100 classes ordinaires, la décomposition la plus plausible est la suivante.
| Japon, primaire — enseignants par groupe-classe ordinaire | Contribution |
|---|---|
| Enseignant titulaire du groupe-classe | 1,00 |
| Classes d'enseignement spécialisé (特別支援学級) : ~56 000 classes, 265 700 élèves, plafond légal de 8, moyenne réelle 4,7 — comptées dans le ratio, exclues de la moyenne de taille de classe | + 0,26 |
| Direction : un principal et un adjoint par école, ~19 000 écoles, statut d'enseignant sans classe | + 0,18 |
| Postes surnuméraires (加配) : ~53 000 postes, dont ~33 000 « amélioration des méthodes pédagogiques » — dédoublement, co-intervention ponctuelle, soutien | + 0,10 à 0,15 |
| Infirmières scolaires et diététiciennes, statutairement classées 教員 — estimation | + 0,11 |
| Dispositifs de soutien à temps partagé (通級指導) | + 0,05 |
| Total reconstitué | 1,70 à 1,75 |
Le poste dominant est le premier, et il est purement conventionnel : l'enseignement spécialisé japonais fonctionne en classes séparées de 4 à 5 élèves, dont les enseignants gonflent le numérateur du ratio alors que ni ces élèves ni ces classes n'entrent dans le calcul de la taille moyenne. La convention française est exactement inverse : les élèves d'ULIS sont comptés dans leur classe de référence, ce qui alourdit la taille de classe française et allège son ratio.
La ruralité, souvent invoquée, joue ici à contresens : une école primaire française accueille en moyenne 127 élèves (47 413 écoles, 8 % à classe unique) contre environ 319 au Japon (~19 000 écoles). Le tissu scolaire français est bien plus dispersé, ce qui devrait augmenter le nombre d'enseignants par classe — et pourtant la France est la plus basse.
| France, premier degré — enseignants par groupe-classe ordinaire | Contribution |
|---|---|
| Enseignant titulaire du groupe-classe | 1,00 |
| Brigades de remplacement : 10,9 % des enseignants du premier degré | + 0,13 |
| Décharges de direction, RASED, ULIS, conseillers pédagogiques — non décomposable | + 0,08 |
| Total, 4 054 300 élèves et ~187 700 classes | 1,21 |
Effectifs : DEPP, Repères et références statistiques 2024. Remplacement : Sénat, rapport d'information n° 730, 2025. MEXT, Statistiques scolaires de base 2024. OCDE, Regards sur l'éducation 2025.
Le cas le plus pur est singapourien : 2,27 enseignants par groupe-classe, avec des classes ordinaires de 33,6 élèves. Le ministère de l'Éducation l'assume et l'explique publiquement : « le ratio élèves-enseignant et la taille des classes sont des concepts différents […] les élèves ne suivent pas toutes les matières dans leur classe d'appartenance ». La classe de 34 est une unité administrative ; l'enseignement effectif se fait largement en sous-groupes — Learning Support Programme à 8-10 élèves, remédiation de la dyslexie à 4-6, Design & Technology à 20. Le pays le mieux classé de l'enquête PISA a donc, sur le papier, les classes les plus chargées du monde développé.
| France | Moyenne OCDE | |
|---|---|---|
| Heures d'instruction reçues par élève, primaire | 864 h | 804 h |
| Heures d'instruction reçues, collège | 973 h | 909 h |
| Jours d'école par an | 180 | 186 |
| Semaines de classe | 36 | 38 |
| Semaines de vacances | 16 | 13,5 |
| Heures d'enseignement statutaires, primaire | 900 h | 738 à 783 h |
| Heures d'enseignement statutaires, collège | 684 à 720 h | 660 à 709 h |
| Heures d'enseignement statutaires, lycée | 684 à 720 h | 607 à 643 h |
Le fait français distinctif n'est pas le nombre d'enseignants — c'est la concentration du temps. Les élèves français reçoivent 60 heures d'instruction de plus que la moyenne au primaire, mais sur six jours d'école de moins. Les journées sont donc nettement plus longues, ce qui est un choix pédagogique discuté et pas un choix budgétaire.
Et au primaire, les professeurs des écoles français enseignent 900 heures par an contre 738 à 783 en moyenne, soit environ 20 % de plus. Le collège et le lycée sont, eux, proches ou légèrement au-dessus de la moyenne.
En rapprochant ce bloc de celui sur la dépense, la réponse devient précise et un peu inconfortable.
La conclusion honnête est donc : non, la France n'investit pas davantage dans son école. Elle dépense davantage en part du PIB parce qu'elle a plus d'enfants et un PIB par habitant plus faible ; par élève, en enseignants et en taille de classe, elle est en dessous de ses comparables. L'exception est le temps d'instruction, où elle est au-dessus.
| France, 2024-2025 | Public | Privé sous contrat | Total |
|---|---|---|---|
| Enseignants du premier degré | 323 800 | 43 700 | 367 500 |
| Enseignants du second degré | 389 000 | 96 300 | 485 300 |
| Total enseignants | 712 800 | 140 000 | 852 800 |
| Élèves du premier degré (2023-24) | 5 486 450 | 853 450 — 13,5 % | 6 339 900 |
| Élèves du second degré | 4 465 200 | 1 191 400 — 21,1 % | 5 656 600 |
| Total élèves | 9 951 650 | 2 044 850 — 17,0 % | 11 996 500 |
Sur le personnel non enseignant, un chiffre mérite d'être connu : le ministère compte 353 900 personnels non enseignants pour 852 800 enseignants, soit un ratio de 0,41 — mais les personnels administratifs au sens strict ne sont que 51 757 équivalents temps plein, soit 4,3 % des effectifs, en recul de 21 % entre 2007 et 2022. Rapporté au total, cela représente 6 pour mille contre 20 pour mille au ministère de l'Économie et environ 30 pour mille aux Armées ; le Sénat qualifie le ministère de « largement sous-administré ». Aucune école primaire française n'a de personnel administratif.
| France, élèves par enseignant | 2015 | 2019 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|
| Primaire | 19,7 | 18,7 | 18,1 | 17,9 |
| Collège | 14,4 | 14,5 | 14,7 | 14,7 |
Le primaire s'améliore nettement — 1,8 élève de moins par enseignant en neuf ans — mais il faut être précis sur la cause : les effectifs d'élèves reculent démographiquement, ce qui améliore mécaniquement le ratio à effectif enseignant constant. Le collège, lui, se dégrade légèrement, à contre-courant.
Eurostat educ_uoe_perp04 (ratio élèves/enseignant, public et privé), extractions filtrées pays par pays ; OCDE, Regards sur l'éducation 2025, indicateurs D1, D2 et D4, séries « tous établissements » ; ministère de l'Éducation de Singapour, Education Statistics Digest 2024 ; DEPP, Repères et références statistiques 2025 et L'Éducation nationale en chiffres ; Sénat, rapports n° 621 (2023-2024) et n° 649 (2021-2022).
Les salaires enseignants français sont absents de la base de l'OCDE pour le millésime courant : toutes les combinaisons testées — six niveaux de qualification, quatre points de carrière, cinq niveaux d'enseignement, trois millésimes — renvoient une valeur nulle. L'indicateur le plus utile, le salaire enseignant rapporté au salaire moyen des diplômés du supérieur du même pays, est donc indisponible pour la France ; il vaut 0,87 en Allemagne et 0,61 aux États-Unis.
Les heures d'enseignement statutaires ne figurent dans aucun jeu de données interrogeable de l'OCDE : les fourchettes ci-dessus proviennent de sources secondaires de 2019 et 2022, qui divergent entre elles au secondaire (684 contre 720 heures) selon le traitement des heures supplémentaires et des agrégés.
Enfin, aucune source ne permet de comparer internationalement le ratio de personnel non enseignant : l'affirmation d'une France sous-administrée repose sur une comparaison entre ministères français, pas entre pays.
| Année scolaire | Total | Premier degré | Collège | Lycée |
|---|---|---|---|---|
| 2020-2021 | 64 564 | — | — | — |
| 2021-2022 | 77 435 (+20 %) | 35 374 | 31 826 | 10 235 |
| 2022-2023 | 89 500 | 41 000 | 36 300 | 12 200 |
| 2023-2024 | 88 500 | — | — | — |
Mise en perspective : 88 500 élèves allophones sur 12,6 millions, soit 0,7 % des effectifs. Neuf sur dix bénéficient d'un soutien linguistique, majoritairement en unité pédagogique dédiée ; huit sur dix avaient déjà été scolarisés avant leur arrivée en France.
Le surcoût représente +25 à +30 % de la dépense moyenne du premier degré pour les élèves concernés — mais il est temporaire, le dispositif d'accueil étant transitoire, et il concerne 0,7 % des élèves. Rapporté aux 197,1 Md€ de dépense intérieure d'éducation, il pèse moins d'un millième.
La dépense par élève est un quotient — dépense totale divisée par effectifs. Elle ne mesure pas ce que coûte un élève supplémentaire.
Un élève supplémentaire dans une classe existante n'ajoute ni enseignant, ni bâtiment, ni équipement : son coût marginal est proche de zéro, et il fait baisser mécaniquement la dépense par élève — même numérateur, dénominateur plus grand. Cela vaut quelle que soit sa nationalité.
Un élève nécessitant un dispositif d'accueil linguistique a, lui, un surcoût identifiable d'environ 2 700 € par an. C'est le seul effet mesurable, et il ne dépend pas de la nationalité mais de la maîtrise du français.
443 500 étudiants étrangers en 2024-2025, soit près de 15 % de la population étudiante, +17 % en cinq ans. Premières nationalités : Maroc 42 015, Algérie 34 758, Chine 26 327, Italie 22 044, Sénégal 17 722. Par zone : Afrique du Nord et Moyen-Orient 27 %, Europe 26 %, Afrique subsaharienne 26 %.
Sur le bilan économique, deux chiffrages existent et ils diffèrent de 3,5 Md€. L'opérateur public chargé de l'attractivité universitaire calcule un solde net de +1,35 Md€ (5 046 M€ de recettes contre 3 698 M€ de dépenses publiques). Une association de contribuables aboutit à l'inverse à un déficit de 2,18 Md€ par an. Aucune évaluation indépendante n'existe.
Un élément factuel plus solide : les droits d'inscription différenciés s'élèvent à 2 895 € en licence et 3 941 € en master, contre 178 € et 254 € au tarif commun — mais seuls environ 10 % des étudiants extracommunautaires les acquittent effectivement, les universités exonérant massivement. Une université a exonéré 97 % de ses étudiants extracommunautaires. Le rendement d'une application généralisée est annoncé à environ 250 M€ par an.
Réponse du ministère de l'Éducation nationale à la question écrite n° 1650 de l'Assemblée nationale ; DEPP, notes sur les élèves allophones nouvellement arrivés et note d'information n° 25.52 ; Cour des comptes, La scolarisation des élèves allophones, mars 2023 ; Campus France (opérateur public d'attractivité, partie intéressée) ; Contribuables Associés (association militante).
PISA mathématiques, 2003-2022
Score moyen. Les séries ne commencent pas toutes en 2003 : l'Estonie entre dans PISA en 2006, Singapour en 2009.
OCDE, enquête PISA, score moyen en mathématiques, cycles 2003 à 2022, via Our World in Data. Les séries ne commencent pas toutes en 2003 : l'Estonie entre dans PISA en 2006, Singapour en 2009.
| Abscisse | Singapour | Japon | Estonie | Allemagne | France |
|---|---|---|---|---|---|
| 2003 | — | 534,1 | — | 503,0 | 510,8 |
| 2006 | — | 523,1 | 514,6 | 503,8 | 495,5 |
| 2009 | 562,0 | 529,0 | 512,1 | 512,8 | 496,8 |
| 2012 | 573,5 | 536,4 | 520,5 | 513,5 | 495,0 |
| 2015 | 564,2 | 532,4 | 519,5 | 506,0 | 492,9 |
| 2018 | 569,0 | 527,0 | 523,4 | 500,0 | 495,4 |
| 2022 | 574,7 | 535,6 | 509,9 | 474,8 | 473,9 |
| Compréhension de l'écrit | 2000 | 2009 | 2018 | 2022 |
|---|---|---|---|---|
| France | 504,7 | 495,6 | 492,6 | 473,9 |
| Allemagne | 484,0 | 497,3 | 498,3 | 479,8 |
| Royaume-Uni | 523,4 | 494,2 | 503,9 | 494,4 |
| Estonie | — | 501,0 | 523,0 | 511,0 |
| Finlande | 546,5 | 535,9 | 520,1 | 490,2 |
| Pologne | 479,1 | 500,5 | 511,9 | 488,7 |
| Singapour | — | 525,9 | 549,5 | 542,6 |
| Sciences | 2006 | 2012 | 2018 | 2022 |
|---|---|---|---|---|
| France | 495,2 | 499,0 | 493,0 | 487,2 |
| Allemagne | 515,6 | 524,1 | 503,0 | 492,4 |
| Estonie | 531,4 | 541,4 | 530,1 | 525,8 |
| Finlande | 563,3 | 545,4 | 521,9 | 511,0 |
| Singapour | — | 551,5 | 550,9 | 561,4 |
Deux lectures qui vont en sens opposé. La baisse française est réelle et ancienne : le décrochage commence dès 2003-2006, bien avant le Covid. Mais elle s'inscrit dans une baisse générale des pays occidentaux — la Finlande, longtemps modèle, perd 56 points en lecture depuis 2000, plus que la France. Ce n'est donc pas une pathologie strictement française.
Ce qui l'est, en revanche : la France part d'un niveau plus bas et n'a jamais connu de phase de redressement, contrairement à la Pologne (2000-2018) ou à l'Estonie. Autres repères : TIMSS 2023 place la France 28ᵉ sur 29 pays en mathématiques en CM1 (484 points contre 524-525 pour les moyennes UE et OCDE). PIRLS (lecture, CM1) : 525 en 2001, 514 en 2021, sous l'Allemagne (524) et l'Angleterre (528).
PISA 2025 n'était pas publié en août 2026 ; les résultats sont attendus vers décembre 2026.
C'est la question la plus intéressante du thème, parce que l'intuition qu'elle contient — « il faut rapporter au temps de travail » — donne un résultat inverse de celui qu'on attend généralement.
| Salaire statutaire, $ PPA, 2022, collège | Début | Après 15 ans | Fin de carrière |
|---|---|---|---|
| France | 37 720 | 43 792 | 62 169 |
| Allemagne | 77 905 | 93 085 | 101 510 |
| Angleterre | 34 732 | 55 726 | 55 726 |
| Moyenne OCDE | 37 628 | 51 613 | 63 332 |
| France / OCDE | 100 % | 85 % | 98 % |
Résultat inattendu : la France est à parité en début et en fin de carrière. Le décrochage est concentré au milieu — 85 % de la moyenne OCDE à 15 ans d'ancienneté, 81 % au primaire. Le problème français n'est pas le niveau des bornes mais la lenteur de la progression.
| Heures d'enseignement annuelles, 2021 | Primaire | Collège |
|---|---|---|
| France | 900 | 720 |
| Moyenne OCDE | 784 | 711 |
| Japon | 750 | 609 |
| Allemagne | 691 | 641 |
| Finlande | 680 | 595 |
| Corée du Sud | 672 | 517 |
| Pologne | 611 | 489 |
| Estonie | 592 | 609 |
Le professeur des écoles français enseigne 900 heures par an, contre 784 en moyenne OCDE (+15 %), 691 en Allemagne (+30 %) et 592 en Estonie (+52 %). L'idée que les enseignants français feraient moins d'heures que leurs homologues est contredite par les données : c'est l'inverse.
| Salaire à 15 ans / heure enseignée | Primaire | Collège |
|---|---|---|
| France | 45,2 $/h | 60,8 $/h |
| Moyenne OCDE | 63,7 $/h | 72,6 $/h |
| Allemagne | 124,0 $/h | 145,3 $/h |
| France / OCDE | 71 % | 84 % |
Rapporter le salaire au temps de travail n'atténue pas l'écart français : il l'aggrave. En brut, le professeur des écoles est à 81 % de la moyenne OCDE ; rapporté à l'heure enseignée, il tombe à 71 %, et à 36 % du niveau allemand.
| Salaire enseignant / gains des diplômés du supérieur, 2022 | Ratio |
|---|---|
| France, primaire | 0,64 |
| France, collège | 0,69 |
| Angleterre, collège | 0,92 |
| Moyenne OCDE, collège | 0,93 |
| Allemagne, collège | 1,04 |
C'est le chiffre le plus parlant. Un professeur des écoles français à 15 ans de carrière gagne 36 % de moins qu'un diplômé du supérieur moyen de son pays ; en Allemagne, l'enseignant gagne 4 % de plus. Cet indicateur neutralise le niveau de vie et compare au coût d'opportunité réel du métier — c'est lui qui détermine l'attractivité.
| 2021 | France | Allemagne | Moyenne OCDE |
|---|---|---|---|
| Temps de travail statutaire total | 1 607 h | 1 795 h | 1 543 h |
| Présence obligatoire dans l'établissement | 954 h | — | — |
| Heures d'enseignement | 900 h | 691 h | 784 h |
Les 1 607 h correspondent à la durée légale du travail dans la fonction publique française. Point remarquable : sur les 954 h de présence obligatoire, 900 sont de l'enseignement pur — il ne reste que 54 h par an de présence non enseignante. Tout le reste du service (préparation, correction, relation aux familles) s'effectue hors établissement et n'est pas encadré. L'Allemagne déclare un temps total plus élevé (1 795 h) mais un temps d'enseignement plus faible.
En euros constants, les salaires enseignants français sont restés quasi stables entre 2015 et 2023 (+1 %) contre +4 % en moyenne OCDE. Le Pacte enseignant (2023) a introduit une revalorisation de 100 à 230 € nets par mois.
OCDE, Education at a Glance, indicateurs D3 (salaires, 2022) et D4 (temps d'enseignement, 2021), via l'API SDMX. Le salaire par heure enseignée est un calcul dérivé.
À PISA 2022, l'écart de score entre élèves favorisés et défavorisés est de 113 points en France contre 93 en moyenne OCDE — l'un des écarts les plus marqués, et ce constat est répété sur plusieurs cycles successifs.
Sur les grandes écoles, les travaux de l'IPP (Bonneau, Charousset, Grenet, Thebault, 2021) sont sans appel :
Résultat le plus important : cette surreprésentation n'a pas bougé entre 2006 et 2016. Il ne s'agit pas d'une inégalité en voie de résorption mais d'une reproduction sociale stable.
Sur la mobilité, l'OCDE estime qu'il faudrait six générations à un descendant de famille pauvre en France pour atteindre le revenu moyen — l'un des plus mauvais résultats des grands pays développés. Les pays nordiques, l'Australie et le Canada sont en tête ; l'Allemagne, l'Espagne et la Suède en position intermédiaire ; la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Italie dans le groupe à mobilité limitée.
La taille des classes. La littérature prédisait, selon la synthèse de l'IPP (2017), qu'une division par deux (24 → 12 élèves) améliorerait les résultats de 20 à 30 % d'un écart-type. L'évaluation du dédoublement des CP en REP+ a mesuré +8 % en français et +13 % en mathématiques — nettement moins qu'espéré, pour environ 12 000 postes mobilisés. L'effet est réel mais bien inférieur aux prédictions : la taille des classes agit, mais n'est pas le levier le plus rentable par euro dépensé.
Le décrochage. 11,5 % des jeunes présentaient des difficultés de lecture aux évaluations de la Journée défense et citoyenneté en 2018, dont environ la moitié en situation d'illettrisme. Sortants précoces : 8,2 % en 2019.
L'insertion. Enquête Génération 2021 du Céreq : 74 % des jeunes sont en emploi trois ans après la sortie (+6 points par rapport à 2017), mais chez les non-diplômés, moins de la moitié sont en emploi et 40 % au chômage. L'apprentissage est passé d'environ 305 000 contrats en 2017 à 736 000 en 2021.
Mis à jour : 2026-08