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La France reste le pays le plus fécond de l'UE, mais bien en dessous du seuil de renouvellement (2,1). Explications avancées : recul de l'âge à la maternité (environ 31 ans pour le premier enfant), contraintes matérielles, écart croissant entre fécondité désirée et observée, et effet des réformes de la politique familiale de 2013-2015.
Scénario central Insee 2021-2070 : la part des 65 ans ou plus passe d'environ 21 % en 2021 à 26 % vers 2040 et se rapproche de 29 % en 2070. Le nombre de personnes de 80 ans ou plus — 3,9 millions en 2021 — devrait quasiment doubler d'ici 2050, pour atteindre de l'ordre de 8 millions.
Le vrai choc n'est pas les retraites. Leur trajectoire est globalement stabilisée grâce aux réformes successives — ce qui distingue la France de plusieurs États membres. Le choc est ailleurs : santé et surtout dépendance, attendues en hausse de +1 à +2 points de PIB à l'horizon 2050-2070.
La dépendance représente aujourd'hui de l'ordre de 1,5 à 2,5 % du PIB (30 à 35 Md€/an). Le rapport Libault (2019) chiffrait le besoin supplémentaire à environ 6 Md€ par an à horizon 2030. Les projections situent la dépense à 2,8-3,5 % du PIB en 2050-2060. Le financement pérenne reste un arbitrage politique non tranché.
La « migration de remplacement » vient du rapport de l'ONU de 2000, qui calculait le solde nécessaire pour maintenir constante la population en âge de travailler. Très critiqué depuis, pour trois raisons : c'est une extrapolation mécanique qui ignore la capacité d'absorption du marché du travail ; les migrants vieillissent aussi et leur fécondité converge vers celle du pays d'accueil, ce qui rend la stabilisation instable sans flux sans cesse croissants ; et d'autres leviers existent (taux d'emploi des femmes et des seniors, âge de départ, productivité). L'Insee, pour sa part, ne calcule aucune migration « optimale » : elle projette des trajectoires alternatives sans les qualifier de souhaitables.
La natalité ne peut rien avant les années 2050, pour une raison de calendrier imparable : un enfant né aujourd'hui ne cotise que vingt à vingt-cinq ans plus tard, alors que le pic de pression se situe dans les années 2025-2045. Pire, à court terme l'effet est négatif — allocations, crèches, éducation viennent avant les cotisations.
Ce qui marche vraiment sur la natalité, d'après la littérature : les incitations financières directes ont un effet faible et surtout de court terme — elles modifient le calendrier des naissances plus que la descendance finale. La Hongrie a vu son indice remonter de 1,2 à 1,5-1,6 puis refluer depuis 2022. Les dispositifs de conciliation (crèches abordables, congés bien indemnisés) sont plus robustes, mais l'ordre de grandeur reste modeste : +0,05 à +0,2 enfant par femme pour des politiques ambitieuses — loin de suffire à ramener la fécondité au seuil de renouvellement.
Mis à jour : 2026-08