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CHIFFRES POUR 2027
Thème 03

Retraites et durée de travail sur une vie

La France ne travaille pas moins par semaine que ses voisins. Elle travaille moins d'années, aux deux bouts de la carrière.

Combien d'actifs pour un retraité ?

IndicateurValeurSource
Cotisants par retraité, 1960≈ 4,0COR
Cotisants par retraité, 19654,3COR
Cotisants par retraité, tous régimes, 20202,05COR, rapport 2026
— dont régime général2,25COR, rapport 2026
— dont fonction publique d'État1,29COR, rapport 2026
Rapport démographique (20-64 ans / 65 ans et +), 20093,60COR
Rapport démographique, 20252,50COR, rapport 2026
Rapport démographique projeté, 20701,62COR, rapport 2026

Conseil d'orientation des retraites, rapport annuel 2026 et édition 2025, séries longues du rapport démographique et du rapport cotisants / retraités. Les deux ratios ne se confondent pas : le rapport démographique porte sur des classes d'âge, le rapport cotisants / retraités sur des situations effectives.

Le durcissement de la projection 2070 — de 1,76 dans le rapport 2025 à 1,62 dans celui de 2026 — vient uniquement de la révision des hypothèses démographiques de l'Insee (fécondité ramenée à 1,45).

Donnée manquanteUne série longue continue du ratio cotisants/retraités de 1960 à aujourd'hui n'existe pas sous forme publiée exploitable : les rapports du COR ne la donnent pas dans leur corps de texte, seulement dans des fichiers annexes. Le graphique demandé n'a donc pas pu être construit honnêtement — les points disponibles (1960, 1965, 2020) sont trop espacés et de périmètres différents (régime général contre tous régimes) pour tracer une courbe qui ne soit pas trompeuse.

Attention également : le « rapport démographique » publié par le COR (2,50 en 2025) n'est pas le ratio cotisants/retraités (2,05 en 2020). Le COR le précise lui-même. Les deux chiffres circulent indifféremment dans le débat.

À quel âge part-on, et combien d'années passe-t-on en retraite ?

Âge moyen conjoncturel de départ : 62 ans et 9 mois fin 2023, 63,1 ans en 2025 selon le COR, projeté à 64,6 ans en 2070. Écarts entre régimes considérables : 63 ans 6 mois au régime général contre 56 à 60 ans dans les régimes spéciaux.

L'espérance de vie à 65 ans atteignait 21,5 ans en 2021 (23,4 pour les femmes, 19,3 pour les hommes). Combinée à un départ encore relativement précoce, elle place la durée de retraite française parmi les plus longues d'Europe, autour de 22 à 25 ans.

LimitesLa « durée de retraite » est un calcul dérivé (âge de départ + espérance de vie résiduelle), pas un indicateur publié. Les données comparables Allemagne, Italie, Pays-Bas n'ont pas pu être vérifiées.

Quelle part du PIB pour les retraites, et combien par retraité ?

Pourquoi des montants proches donnent des pourcentages très différents

C'est une question de dénominateur, et elle mérite d'être posée explicitement parce que le tableau paraît incohérent au premier regard. L'Allemagne dépense 427 Md€ pour ses retraites et la France 392 Md€ — 9 % d'écart. Mais le PIB allemand est de 4 329 Md€ contre 2 935 Md€ pour le français, soit 47,5 % d'écart. Deux montants proches rapportés à deux dénominateurs très différents donnent mécaniquement 9,9 % contre 13,4 %. Vérification : 427 228 ÷ 4 328 970 = 9,87 % ; 391 954 ÷ 2 935 236 = 13,35 %. Les deux chiffres sont exacts et se recoupent avec les taux publiés par Eurostat.

2024PIB, Md€Vieillesse, Md€% du PIB+ survie, Md€Total, % PIBPop. 65 ans et +€ / personne de 65 ans et +
Italie2 202306,413,9359,616,314,36 M25 046
France2 935392,013,4432,614,714,78 M29 272
Suède56461,410,962,111,02,17 M28 542
Espagne1 594165,110,4200,512,69,93 M20 192
Allemagne4 329427,29,9508,111,718,71 M27 157
Pays-Bas1 11568,86,269,36,23,68 M18 841
UE-2718 0431 928,410,72 191,012,197,11 M22 562

Un point souvent affirmé et qui se révèle faux : la France ne verse pas particulièrement beaucoup de pensions de réversion. Elles pèsent 1,38 % du PIB en France, contre 1,46 % pour la moyenne UE-27, 1,87 % en Allemagne, 2,42 % en Italie et 2,22 % en Espagne. Une fois la survie ajoutée, l'écart France/Allemagne se resserre : 3,0 points de PIB au lieu de 3,5.

Et la générosité par tête est bien moins spectaculaire que l'écart en % du PIB. Rapportée au nombre de personnes de 65 ans et plus, la dépense française dépasse l'allemande de +7,8 % seulement (29 272 € contre 27 157 €), alors qu'elle la dépasse de +25 % en points de PIB. L'essentiel de l'écart tient donc au dénominateur PIB — c'est-à-dire à la richesse produite par habitant — et non à des pensions beaucoup plus généreuses.

Taux de remplacement agrégé (rapport de la pension médiane des 65-74 ans au revenu d'activité médian des 50-59 ans, Eurostat 2024) : Espagne 0,81, Italie 0,79, France 0,61, UE-27 0,60, Suède 0,59, Pays-Bas 0,57, Allemagne 0,49.

Deux lectures, donc. En part du PIB, la France est deuxième derrière l'Italie et 2,7 points au-dessus de la moyenne UE. En montant par personne âgée, elle est première du panel, 30 % au-dessus de la moyenne européenne et 8 % au-dessus de l'Allemagne. La générosité est réelle, mais l'ordre de grandeur de l'écart change du simple au triple selon la mesure retenue.

Sur le périmètre plus large des pensions tous régimes (ESSPROS, 2022) : France 14,81 % du PIB, Italie 15,48 %, Espagne 12,98 %, Allemagne 11,58 %, Suède 10,74 %, Pays-Bas 10,56 %, moyenne UE 12,21 %.

Selon le COR (rapport 2026) : dépenses de 422 Md€ en 2025, soit 14,1 % du PIB et 24,3 % de la dépense publique totale. Solde −5,1 Md€ en 2025, −6,8 Md€ prévus en 2030, et une trajectoire qui se dégrade nettement à long terme (−2,4 % du PIB en 2070).

Eurostat gov_10a_exp (COFOG 10.2) et spr_exp_pens ; COR, rapport annuel 2026. La dépense par personne de 65 ans et plus est un calcul dérivé.

LimitesLes Pays-Bas sont fortement sous-estimés par la mesure COFOG : l'essentiel de leur second pilier est privé et sort du périmètre des administrations publiques. C'est un pays où la retraite existe mais n'apparaît pas dans la dépense publique.

Les retraités ont-ils un niveau de vie supérieur aux actifs ?

En 2022, le niveau de vie médian des retraités et celui de l'ensemble de la population sont identiques : 2 030 € par mois. Le paradoxe apparent — pensions individuellement inférieures aux salaires, niveau de vie équivalent — s'explique par la structure des ménages : les retraités ont moins d'enfants à charge.

En intégrant l'avantage d'être propriétaire (70 % le sont), leur niveau de vie médian était 9,5 % supérieur à celui de l'ensemble en 2019. En comparaison OCDE, le revenu moyen des retraités français atteint 94 % du revenu moyen contre 87 % en moyenne OCDE, et la pauvreté des 65 ans et plus y est très faible (≈6 % contre 15 %).

Signal à surveiller : le COR projette une érosion du niveau de vie relatif des retraités, de 100,2 % en 2023 à 90,3 % en 2070. Entre 2021 et 2022, il a déjà reculé alors que celui du reste de la population progressait.

DREES, fiche 9 (2025) ; COR, rapport 2026.

Combien coûterait un retour à 60, 62 ou 63 ans ?

Ordre de grandeur : chaque année d'âge légal vaut environ 10 à 15 Md€ par an à horizon 2030. Un retour de 64 à 63 ans coûterait donc 12-15 Md€/an, à 62 ans environ 25-30 Md€/an. Le passage de 62 à 60 ans est chiffré entre 20 et 41 Md€ par an, en cumulant les pensions versées plus tôt et la perte de cotisations liée aux carrières écourtées.

Fondation IFRAP (organisme non neutre, libéral), à partir de données COR/DREES/Insee et de simulations CNAV pour le Sénat.

LimitesAucun chiffrage officiel du COR ou de l'IPP spécifique à 62 et 63 ans n'a été retrouvé. Ces montants sont des extrapolations.

Peut-on équilibrer sans toucher à l'âge ?

Le COR identifie quatre leviers : modération des pensions, hausse des cotisations salariés, hausse des cotisations employeurs, recul de l'âge — en précisant que les trois premiers sont « récessifs » alors que le quatrième accroît l'offre de travail.

Ordres de grandeur : le gel des seules pensions de base rapporterait environ 5,7 Md€/an, étendu aux complémentaires 7,6 Md€/an, avec les minima sociaux environ 10 Md€/an. Levier structurel le plus important : le taux d'emploi des 55-64 ans, à 60,3 % en France contre 75,0 % en Allemagne.

Sur une vie entière, combien d'heures travaille-t-on ?

Le résultat dépend entièrement du dénominateur choisi — et les trois mesures donnent trois réponses opposées.

Mesure (2024)FranceAllemagneMoyenne UE
Salariés à temps plein1 664 h1 785 h1 784 h
Ensemble des personnes en emploi1 509 h1 334 h1 610 h
Rapporté aux 15-64 ans1 094 h1 164 h1 233 h
Que veulent dire exactement ces trois lignes

« Ensemble des personnes en emploi » — la définition du Bureau international du travail : toute personne d'au moins 15 ans qui a travaillé au moins une heure durant la semaine de référence contre rémunération, ou qui, ayant un emploi, en était temporairement absente (congés, maladie, chômage partiel). Le critère est extraordinairement bas : un salarié à 2 h par semaine et un cadre à 45 h comptent identiquement. Indépendants inclus. Un taux d'emploi ne mesure donc jamais un volume de travail — d'où la nécessité de la troisième ligne.

« Rapporté aux 15-64 ans » — le dénominateur est la population résidente de 15 à 64 ans, sans aucune condition d'activité : étudiants, personnes au foyer, préretraités, personnes en incapacité, chômeurs, tout le monde y figure. C'est ce qui distingue le taux d'emploi du taux de chômage (chômeurs rapportés aux seuls actifs) et du taux d'activité.

Le sens de l'écart est l'inverse de ce qu'on croit souvent. C'est l'Allemagne qui travaille le moins d'heures par personne en emploi — 1 334 h contre 1 509 h en France, soit 175 h de moins, plus de quatre semaines. Mais rapporté à la population en âge de travailler, l'Allemagne repasse devant : 1 164 h contre 1 094 h, soit +6,4 %.

La décomposition exacte de l'écart franco-allemand

L'identité est comptable : heures par habitant de 15-64 ans = (heures par personne en emploi) × (emplois ÷ population de 15-64 ans).

2024FranceAllemagneRapport
Heures par personne en emploi1 5121 3450,889 — −11,1 %
Emplois ÷ population 15-64 ans72,3 %86,5 %1,196 — +19,6 %
Heures par habitant de 15-64 ans1 0941 1641,064 — +6,4 %

L'effet emploi l'emporte donc largement sur l'effet durée. Et le déficit d'heures par personne allemand vient entièrement du temps partiel, pas d'une semaine de travail plus courte :

  • Temps partiel : 29,0 % de l'emploi en Allemagne contre 16,8 % en France (42,7 % aux Pays-Bas). C'est le mécanisme central.
  • Durée hebdomadaire des temps pleins : 40,2 h en Allemagne contre 39,9 h en France. L'écart est de 0,3 heure, à l'avantage de l'Allemagne — la durée conventionnelle française plus courte ne joue pratiquement aucun rôle.
  • Contrefactuel : si l'Allemagne avait le taux de temps partiel français, ses heures annuelles par personne en emploi passeraient de 1 334 à environ 1 432 h — donc au-dessus de la France.

Projection sur une carrière

PaysHeures/an (2024)Durée espérée de vie activeHeures cumuléesÀ 40 ans de carrière
France1 50937,5 ans≈ 56 600 h≈ 60 400 h
Allemagne1 33440,2 ans≈ 53 600 h≈ 53 400 h
Royaume-Uni1 52439,2 ans (2018)≈ 59 800 h≈ 61 000 h
États-Unis1 810n.d.non calculable≈ 72 400 h

Résultat surprenant : à durée de vie active donnée, la France n'est pas en bas du classement — elle dépasse l'Allemagne, dont les salariés travaillent beaucoup moins d'heures par an. L'écart français ne vient pas de la durée annuelle mais de la durée de vie active (37,5 ans contre 40,2 en Allemagne) et surtout du taux d'emploi. Les États-Unis sont hors norme : +28 % d'heures annuelles par rapport à la France.

Rexecode (proche du patronat), durée effective du travail 2024 ; OCDE, heures annuelles moyennes ; Eurostat lfsi_dwl_a (durée espérée de vie active).

LimitesLes « heures cumulées » sont un calcul dérivé (heures annuelles × durée de vie active), pas une statistique publiée. Ce calcul suppose implicitement un emploi continu. L'âge moyen d'entrée dans l'emploi et de sortie effective du marché du travail n'a pas pu être obtenu pour les quatre pays. Les chiffrages médiatisés du type « on ne travaille que 15 % de sa vie » reposent sur des conventions arbitraires et ne sont pas des mesures officielles.

Le taux d'emploi par tranche d'âge : où se situe exactement le décrochage

Taux d'emploi par tranche d'âge, 2024

En % de la population de chaque tranche.

FranceAllemagne
taux d'emploi, %, 2024 0 25 50 75 15-24 ans 34,4 51,0 25-54 ans 82,9 85,0 55-64 ans 60,3 75,0 60-64 ans 42,4 66,6 65-69 ans 11,1 21,2
L'écart est concentré aux deux extrémités de la vie active. Sur le cœur de carrière (25-54 ans), la France et l'Allemagne sont pratiquement à égalité — 2,1 points d'écart. Sur les 15-24 ans, l'écart est de 16,6 points ; sur les 60-64 ans, il atteint 24,2 points. Autrement dit : le problème français n'est pas que les gens travaillent peu, c'est qu'ils commencent tard et s'arrêtent tôt.

Eurostat, lfsi_emp_a, taux d'emploi par tranche d'âge, 2024, champ population de 15 à 64 ans en ménages ordinaires.

Données de la figure
CatégorieFranceAllemagne
15-24 ans34,451,0
25-54 ans82,985,0
55-64 ans60,375,0
60-64 ans42,466,6
65-69 ans11,121,2
Taux d'emploi 2024, %15-2425-5455-6460-6415-64
Pays-Bas76,086,975,368,782,3
Suède43,086,178,169,576,7
Allemagne51,085,075,066,677,2
UE-2734,982,465,270,7
France34,482,960,342,468,8
Espagne24,978,761,166,1
Italie19,774,559,047,262,2

Le rattrapage sur les seniors est réel mais lent

Taux d'emploi des 55-64 ans20032010201920242025
France38,241,054,560,361,7
Allemagne39,457,872,775,075,3
Écart−1,2−16,8−18,2−14,7−13,6

Les deux pays étaient au même niveau en 2003. L'Allemagne a gagné 33 points entre 2003 et 2019, la France 16. L'écart culmine à −18,2 points en 2019 puis se résorbe : −14,7 en 2024, −13,6 en 2025, la France progressant désormais deux fois plus vite. Au rythme des six dernières années, la convergence demanderait encore une trentaine d'années.

Eurostat lfsi_emp_a et lfsa_ergan, 2024-2025 ; OCDE, heures annuelles moyennes ; Eurostat nama_10_a10_e et demo_pjanbroad pour les heures par habitant.

LimitesL'OCDE déconseille explicitement les comparaisons de niveau entre pays sur les heures annuelles : les sources nationales sont hétérogènes (enquêtes ménages, enquêtes d'établissements, comptes nationaux) et traitent différemment les heures supplémentaires non déclarées, le travail non déclaré et les emplois multiples. La série est conçue pour mesurer une évolution dans le temps au sein d'un pays. Les deux séries européennes utilisées ici comportent une rupture méthodologique en 2021. Les taux d'emploi américains par tranche d'âge n'ont pas pu être obtenus sur une base annuelle comparable (le seul point vérifié, 80,4 % pour les 25-54 ans en juillet 2026, est une donnée mensuelle non comparable au tableau).

Et si on travaillait autant que nos voisins ? Une hypothèse chiffrée

L'exercice est légitime mais mérite d'être fait proprement, parce qu'il donne un résultat contre-intuitif.

Le calcul, étape par étape

L'écart pertinent n'est pas la durée annuelle par personne en emploi — où la France fait mieux que l'Allemagne — mais la quantité de travail par habitant en âge de travailler : 1 094 h en France contre 1 164 h en Allemagne, soit +6,4 %.

Cette quantité mesure l'ensemble du travail fourni par la population de 15 à 64 ans, quelle que soit la façon dont il est réparti : elle intègre à la fois le taux d'emploi, le temps partiel et la durée du travail. Elle ne suppose pas un âge de départ à la retraite identique — les 65 ans et plus sont hors du champ dans les deux pays.

À productivité horaire inchangée, +6,4 % d'heures travaillées donnerait environ +6,4 % de PIB, soit de l'ordre de +192 Md€ sur une base de 2 995 Md€. Avec un taux de prélèvements obligatoires de 43,4 %, cela représenterait environ +83 Md€ de recettes publiques par an — soit près de 3 points de PIB, c'est-à-dire environ l'équivalent du déficit structurel français.

Une version plus ambitieuse de l'exercice, en visant la moyenne UE-27 (1 233 h, soit +12,7 %), donnerait environ +380 Md€ de PIB et +165 Md€ de recettes. Mais cette moyenne inclut des pays à durée du travail nettement plus longue et à niveau de vie plus faible : la cible allemande est la plus pertinente.

Pourquoi ce chiffre est un plafond théorique, et non une prévision :

  1. La productivité horaire baisserait probablement. Les heures supplémentaires viendraient de personnes aujourd'hui hors emploi — jeunes, seniors, chômeurs de longue durée — dont la productivité initiale est inférieure à la moyenne. L'effet sur le PIB serait donc inférieur à 9,7 %.
  2. Les dépenses baisseraient aussi, ce que le calcul ignore : moins de chômage indemnisé, plus de cotisations retraite. L'effet sur le solde serait donc supérieur au seul effet recettes.
  3. Ce n'est pas un levier actionnable par décret. L'écart vient du taux d'emploi des jeunes (34,4 % contre 51,0 % en Allemagne) et des seniors (60,3 % contre 75,0 %). Le combler suppose de transformer l'apprentissage, l'emploi des seniors et la formation — pas d'allonger la durée du travail de ceux qui travaillent déjà.
  4. L'ordre de grandeur reste juste. Même en divisant l'effet par deux pour tenir compte de la productivité marginale décroissante, on obtient environ 1,4 point de PIB de recettes supplémentaires — la moitié du déficit structurel, sans aucune hausse de prélèvement. Le taux d'emploi est, arithmétiquement, le premier levier budgétaire français.
LimitesCe calcul est entièrement de notre fait, à partir de données sourcées. Il ne provient d'aucune institution et n'a pas la valeur d'une simulation macroéconomique. Il sert à établir un ordre de grandeur, pas une prévision. Une évaluation sérieuse demanderait un modèle d'équilibre général.

Qu'est-ce qui réduit les heures travaillées dans une vie ?

IndicateurFranceAllemagneRéférence
Âge moyen de fin d'études20,7 ans
Durée hebdomadaire habituelle36,1 hUE : 36,3 h
Congés annuels32 joursUE : 25 jours
Taux d'emploi 15-24 ans (2024)34,4 %51,0 %
Taux d'emploi 25-54 ans82,9 %85,0 %
Taux d'emploi 55-64 ans60,3 %75,0 %P.-Bas : 75,3 %
Durée espérée de vie active (2025)37,5 ans40,2 ans

La durée hebdomadaire française est dans la moyenne européenne. Ce qui distingue la France : entrée tardive dans l'emploi, sortie précoce, et un taux d'emploi des jeunes inférieur de 17 points à l'allemand. La vie active est raccourcie aux deux bouts.

Trésor-Éco n° 239 ; Eurostat lfsi_emp_a et lfsi_dwl_a, 2024-2025.

Mis à jour : 2026-08